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B.
Les inondations :

La crue :

La crue est l’augmentation des débits d’un cours d’eau  très largement au-dessus des débits habituels. Elle est la cause de l’inondation.

Le risque inondation :

Une inondation est une submersion plus ou moins rapide d’une zone, avec des hauteurs d’eau variables ; elle est due a une augmentation du débit d’un cours d’eau provoquée par des pluies importantes et durables qui peuvent être combinées avec la fonte des neiges.

I.      Les différents paramètres :

Le cours d’eau :

I.1 - LE LIT MAJEUR - LE LIT MINEUR

Le cours d'eau est constitué d'un lit mineur dans lequel s'écoulent habituellement les eaux et d'un lit majeur occupé par les eaux en cas de crues.

I.2 - LE PROFIL EN LONG

Il représente la pente superficielle du cours d'eau : il peut se représenter sous la forme d'escaliers aux marches plus ou moins inclinées. La pente sera généralement élevée en montagne et faible en plaine.

I.3 - LE RESEAU HYDROGRAPHIQUE

Le réseau hydrographique d'un cours d'eau comprend le cours d'eau lui-même et tous ses affluents, qu'ils soient en eau en permanence ou non

I.4 - L'ETIAGE

C'est le niveau moyen des basses eaux.

I.5 - LES DEBITS DE CRUE

Avec le retour d'expérience sur de très longues périodes notamment sur les grands fleuves ou par le calcul, on peut estimer la probabilité qu'une crue atteigne un certain débit :

·      crue annuelle de débit Q1 atteinte en moyenne tous les ans
·      crue centennale de débit Q100 atteinte en moyenne tous les 100 ans

Mais ces crues ne se produisent pas à date fixe suivant leur périodicité : elles peuvent survenir une, plusieurs ou aucune fois avant l'année anniversaire.

L'intérêt d'un débit de crue est de le comparer au module,le débit annuel moyen habituel. En cas de forte crue, le module peut être multiplié par:

·      un facteur 10 sur les grands cours d'eau

Module de la SEINE à PARIS, 260 m3/s, la crue de 1910 a atteint 2400 m3/s

·      jusqu'à un facteur 1000

Module de l'OUVEZE : quelques m3/s, il est passé à 1000 m3/s en 1992

Module de l'ARDECHE : la crue de 1890 avait un débit de 6000 m3/s

II. La formation des crues :

La crue résulte de l'inadéquation entre le volume d'eau à évacuer vers l'aval et les possibilités d'écoulement.

II.1 - LES ECHELLES DE LA PLUIE

Le facteur principal est constitué par les précipitations qui vont se retrouver dans le lit des cours d'eau. Suivant la quantité d'eau, la durée pendant laquelle elle est tombée, suivant la surface sur laquelle il a plu, l'eau grossira plus ou moins le cours d'eau et entraînera des crues.

II.1.1 - LES PRECIPITATIONS DE LONGUE DUREE

Elles ont lieu principalement en hiver ou au printemps, elles correspondent aux périodes de plus forte pluviométrie. Elles peuvent avoir une intensité qui varie de moyenne à intense.

II.1.2 - LES PRECIPITATIONS DE COURTE DUREE

La France peut être soumise à des pluies diluviennes ou des "trombes d'eau" dont la fréquence est au moins annuelle. Ce phénomène est surtout connu dans le sud-est de la France mais peut se produire dans toutes les régions, donne des orages violents et des précipitations d'une rare intensité.

Les précipitations peuvent atteindre 50 à 100 mm d'eau par heure et par m² soit :

·      100 litres d'eau en 1 heure dans 1 m²
·      300 litres d'eau en 3 heures dans 1 m²

Une pluie moyenne a une intensité qui fluctue autour de 15 mm d'eau par heure. 30 mm d'eau par heure est déjà une pluie importante.

II.2 - LE BASSIN VERSANT

C'est le réceptacle topographique des précipitations qui alimentent un cours d'eau. Il est entouré par une série de hauteurs même très faible appelée "ligne de partage des eaux" ou "ligne de faite ou de crête".

Pour déterminer le bassin versant d'un cours d'eau donné, il faut y adjoindre les surfaces des bassins versants de tous ses affluents. La superficie d'un bassin versant  influe sur l'ampleur de la crue.

II.2.1 - LE PETIT BASSIN VERSANT (de quelques km² à quelques dizaines de km²)

Les précipitations sont concentrées sur une faible surface :

·      saturation rapide des sols, il n'y a plus d'infiltration de l'eau dans le sol
·      ruissellement important de l'eau vers le cours d'eau

F  Montée rapide des eaux, c'est la crue torrentielle

II.2.2 - LE GRAND BASSIN VERSANT (de quelques centaines à des millions de km²)

Les précipitations se répartissent sur une grande surface :

·      saturation progressive des sols, remontée des nappes phréatiques
·      ruissellement moyen et régulier de l'eau vers le cours d'eau

F  La montée des eaux est progressive et le niveau de l'eau stagne à un niveau haut, c'est la crue de plaine.

II.2.3 - LE SOUS-BASSIN VERSANT

Le bassin versant d'un cours d'eau est divisé en sous-bassin versant, chaque affluent du cours d'eau a son propre bassin versant et est un sous-bassin versant du cours d'eau de référence.

II.3 - LE SOL - LE RESEAU SOUTERRAIN - LES NAPPES PHREATIQUES

II.3.1 - LE DEVENIR DE LA PLUIE

Il est complexe mais le diagramme de SAUCKEY habituel permet de l'aborder simplement. La pluie (P), lorsqu'elle tombe peut prendre trois "directions" différentes :

·      une partie (E) retourne à l'atmosphère
·      une autre partie (I) rejoint la nappe
·      la dernière partie (R) ruisselle et génère la crue

II.3.2 - UN GIGANTESQUE RESERVOIR

Le sol et le réseau souterrain jouent le rôle d'un gigantesque réservoir dont la capacité est largement fonction du sol et du substrat. Les nappes phréatiques jouent un rôle d'amortisseur en période de crue, en permettant le stockage de volumes d'eau importants lorsque le niveau des eaux monte.

II.3.4 - LA CAPACITE D'ABSORPTION DU SOL

Les capacités de stockage, tout comme les capacités d'écoulement du réseau souterrain, jouent un rôle très faible en période de crues, sauf peut-être dans les régions karstiques (région où l'eau s'infiltre rapidement).

La capacité du sol à absorber dépend de sa perméabilité et de sa saturation en eau.

II.3.4.1 - LA PERMEABILITE

Elle peut être :

·      soit en petit : porosité du sol (exemple : sable)
·      soit en grand : suite à des phénomènes physiques ou physico-chimiques postérieurs au dépôt

Plus le terrain est imperméable ou le sol saturé en eau, plus le ruissellement est important et plus la montée des eaux sera rapide.

II.3.5 - LE COUVERT VEGETAL

Le couvert végétal joue également un rôle de stockage important, renforcé par le fait qu'en retenant l'eau il permet au sol d'en absorber davantage.

La prairie est de loin le couvert végétal le plus efficace suivi par la forêt, les cultures, les champs labourés, le sol nu battu par la pluie subit un glaçage qui diminue sa perméabilité.

Le sol gelé (après une semaine au moins de gel) devient imperméable, ce qui crée un grand risque de crue si le dégel s'accompagne de précipitations.

II.3.6 - L'IMPERMEABILISATION DES SOLS PAR L'HOMME

Les sols imperméabilisés par l'homme ont une capacité d'absorption nulle.

III. Les facteurs aggravants

III.1 - DE FORTES PRECIPITATIONS

Des pluies moyennes à fortes mais répétées sur une longue période (de l'ordre d'une semaine) notamment suivies d'une recrudescence sont la caractéristique des crues des grands bassins versants ou de "plaine".

Rôle important :                       * de la saturation du sol

·      du stockage dans le lit mineur
·      de la propagation des ondes de crues
·      du décalage des ondes de crues (prise en compte des  précipitations)

III.2 - LES OBSTACLES A L'ECOULEMENT

III.2.1 - LES RETRECISSEMENTS OU ETRANGLEMENTS

Ils peuvent être de deux natures : soit naturels, soit artificiels.

·      Les obstacles naturels sont dus à l'encaissement des cours d'eau dans des sols durs caractérisés par une différence notable de niveau entre l'eau et la berge et une réduction de la largeur du lit du cours d'eau
·      Les obstacles artificiels sont dus à :
·      des endiguements : on réduit artificiellement la largeur du fleuve et on élève des digues pour éviter les débordements, ils ont permis de construire en zone inondable
·      des remblais de routes ou de voies ferrées
·      la construction de bâtiments dans le lit majeur ou sur la berge du lit mineur

La circulaire du 24 avril 1996 interdit toute construction dans le champs d'expension des crues et tout obstacle au libre écoulement de l'eau

III.2.2 - LE NON-ENTRETIEN DES LITS ET BERGES DES COURS D'EAU

L'absence d'entretien entraîne les effets suivants :

·      la présence d'embâcles potentiels constitués par des arbres, carcasses de voitures, décharges sauvages susceptibles d'être emportés par l'eau
·      le glissement de berges, elles sont fragilisées et risquent une érosion rapide
·      des digues dégradées, avec risque de rupture et/ou de submersion
·      ouvrages ou buses d'écoulement des eaux obstruées, l'eau trouvera une autre voie

III.2.3 - LE NON-ENTRETIEN DES « SALIGUES »

La « saligue » est une zone de débordement fréquente et de divagation du lit mineur qui se trouve le long d'une grande partie des cours d'eau principaux. Elle est constituée par un sol pauvre, une végétation pauvre qui s'accommode d'une nappe phréatique fluctuante peu profonde (saules, peupliers...) et qui n'est pas entretenu actuellement.

III.3 – LA DYNAMIQUE DE L’EVENEMENT

II.3.1 - LE TEMPS DE REPONSE

C'est l'intervalle de temps qui sépare l'épisode pluvio-orageux de la crue. Il peut varier entre des valeurs :

·      inférieure à 6 heures : petits bassins versants, sol déjà saturé d'eau ou imperméable (le temps de réponse peut être inférieur à l'heure
·      supérieur à 12 heures, 48 heures : grands bassins versants

III.3.2 - LA VITESSE DE PROPAGATION DES CRUES

Les vitesses varient entre les valeurs suivantes :

·      > 5 km/h : pour les crues dites torrentielles : la pente est importante jusqu'à la confluence
·      > 3 km/h : de larges plaines inondables compensent l'effet de la pente encore notable
·      > 2 km/h : la pente est faible, mais le cours d'eau déborde largement

Plus la vitesse du courant est grande, plus les risques d'érosions, de glissements de terrain, d'affouillements (rupture de ponts) peuvent être importants et des méandres peuvent être coupés supprimant la courbe et augmentant encore la vitesse des flots.

III.3.3 - L'HEURE D'OCCURRENCE

Une crue POURRA AVOIR des conséquences catastrophiques si elle survient :

·      la nuit quand tout le monde dort et quand il fait noir. L'effet de surprise est maximal.
·      aux heures de "pointe" : ce sont les moments de la journée où le maximum de personnes sont dans les rues, aux arrêts de bus, au volant de leur voiture, le maximum de personnes est alors exposé.

III.4 - LA TEMPERATURE

Bien qu'une inondation ne soit pas agréable à supporter, il est préférable qu'elle survienne par un temps doux plutôt qu'au milieu de la neige ou du gel.

III.5 - LA CONCOMITANCE DE CRUES ET/OU DE LA MARE

Si deux cours d'eau ont leurs crues qui surviennent en même temps, elles s'ajoutent à la confluence et l'onde de crue résultante est d'une ampleur supérieure à l'aval.

La marée haute aura le même effet, elle réduira le volume d'eau qui ira dans l'océan et fera monter le niveau d'eau à l'aval.


III.5 - LA CONCOMITANCE DE CRUES ET/OU DE LA MARE


Si deux cours d'eau ont leurs crues qui surviennent en même temps, elles s'ajoutent à la confluence et l'onde de crue résultante est d'une ampleur supérieure à l'aval.
La marée haute aura le même effet, elle réduira le volume d'eau qui ira dans l'océan et fera monter le niveau d'eau à l'aval.

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