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IV. LES PLANS D’ETABLISSEMENTS REPERTORIES

          La prévision, dans sa définition, a pour objectif de permettre la mise en place logique, coordonnée et rapide des moyens et méthodes d’intervention destinés à faire face aux sinistres de toutes natures.

          Partant de ce constat, il a déjà été défini que la connaissance du secteur d’intervention et des risques qui le constituent est une des premières missions de la prévision opérationnelle.

          Néanmoins, elle ne peut être suffisante.

          De plus, les risques particuliers nécessitent le plus souvent la définition de phases de secours a priori contenant des moyens adaptés provenant de plusieurs centres ou groupements. Ces risques particuliers sont dénommés dans le jargon Sapeur Pompier Etablissements Répertoriés.

Définition

                   Un Etablissement Répertorié est un établissement jugé sensible par les services d’incendie et de secours, selon des critères de répertoriation qui peuvent être variables pour chaque département.

          Outre les plans permettant l’acheminement des moyens de secours sur les lieux (plans de commune, parcellaires…etc.), ces établissements répertoriés doivent faire l’objet de dispositions opérationnelles spécifiques qui seront contenues dans un document prévisionnel dénommé Plan d’Etablissement Répertorié (PER) ou Plan ETARE.

Pourquoi constituer de tels documents ?

          Ce sont de véritables outils d’aide à la décision qui serviront de base au raisonnement tactique des premiers intervenants, qu’ils soient chefs d’agrès, de groupe, de colonne ou de site suivant l’importance du sinistre.

          Ils permettent :

Ø d’identifier les risques et de prévoir les moyens et actions à mener en cas de sinistre,

Ø d’utiliser un langage commun avec le personnel de l’établissement,

Ø
de définir le rôle et les actions que devra mener le personnel de l’établissement avec ses moyens internes afin de préparer l’intervention des secours extérieurs.

          Ils doivent déboucher sur :

                   Ø une adaptation du matériel aux risques du secteur,

                   Ø une formation du personnel à ces mêmes risques.

          Les documents élaborés seront donc synthétiques et visuels, afin de faciliter au maximum leur rapidité d’utilisation et mettront en évidence :

                   Ø les risques,

                   Ø les itinéraires,

                   Ø les points d’eau,

                   Ø les moyens d’intervention.

          Le PER doit éviter toute mauvaise ambiguïté et être exploitable de façon instantanée.

Quels établissements doivent faire l’objet de PER ?

          Ä Tous les établissements qui nécessitent des moyens importants ou spécifiques : établissements industriels, dépôts d’hydrocarbures ;

          Ä Tous les établissements stratégiques : militaire, aéronautique, central général France Télécom…etc ;

          Ä Tous les établissements nécessitant des consignes particulières : ERP de type U, Grands ERP de type M, IGH…etc ;

          Ä Tous les établissements représentant un patrimoine local ou régional (administratif, historique) : Hôtels de ville, de département ou région, Bibliothèques, Musées ;

          Ä Tous les sites particuliers avec grands rassemblements de personnes : Aéroports, Gares, Stades, Autoroutes ;

          Ä Les tracés linéaires importants: SNCF, Canalisations, Pipe-line.

          Cette liste n’est bien évidemment pas exhaustive.

Composition d’un PER

          Le Plan d’E.R est schématiquement constitué de 9 chapitres principaux. Ceci ne préjuge pas de la présentation du document final au sein duquel un même support pourra contenir les informations de divers chapitres.

A – Présentation

          Elle permet l’identification :

Ø des caractéristiques administratives de l’établissement : adresse exacte, activité du site, coordonnées et noms des responsables, connaissance de son domaine réglementaire ;

Ø des risques de l’établissement : nature des produits utilisés et risques associés (code danger et matière si possible), lieux et modes de stockage, quantités ;

Ø des renseignements complémentaires pouvant être utilisés : nombre de niveaux, personnel et public, mode de fonctionnement, existence de POI et plans d’urgence.

B – Départs

          En fonction du message d’alerte provenant de l’entreprise, des moyens a priori doivent être prévus et y figurer.

          Les autorités à prévenir par phase pourront être mentionnées.

C – Itinéraires

          Devront être définis en accord avec les responsables de l’établissement :

Ø le ou les points d’accueil des secours, le point de transit, le centre de regroupement des moyens (CRM),

Ø l’itinéraire prioritaire pour les engins,

Ø 1 ou 2 itinéraires secondaires, utilisés dans des circonstances particulières (vent…etc).

D – Plans

          Au maximum, on relèvera :

Ø un plan de situation ;

Ø des plans des différents itinéraires ;

Ø un plan de masse mentionnant :le point d’accueil et les différents accès avec l’emplacement du PC exploitant, du CRM les différents bâtiments (nom) la localisation des risques ;

        Ø des plans de détails : plan de chaque niveau par bâtiment, zones sensibles ou à risques.

          L’essentiel des informations sera regroupé en un nombre minimum de documents.

E – Identification du risque

          L’étude des bâtiments, des produits utilisés ou stockés, des procédés de fabrication ou de fonctionnement doit permettre d’identifier les risques induits et de retenir les scénarios d’accidents propres à l’établissement.

          Le plan de masse doit permettre d’identifier les plus importants. Les plans de détails, quant à eux, les localiseront précisément.

F – Points d’eau et ressources

Seront fournies sur une fiche :

Ø les caractéristiques du réseau public et du réseau interne ;

Ø les autres ressources en eau (réserve, point d’eau naturel etc) ;

Ø les moyens de l’établissement et notamment les moyens spéciaux (émulseur, canon, lance spéciale…etc).

G – Fiches réflexes ou de sécurité

          Elles permettent :

Ø d’identifier le produit (couleur, odeur, dangers) ;

Ø de consigner des actions réflexes (protection du public des personnels et des intervenants) ;

Ø d’effectuer des actions en fonction de la nature du danger (feu, fuite, intoxication, matériel adapté).

H – Scénarios retenus

          La conséquence des principaux scénarios d’accidents (explosion, fuite toxique…) modélisés sur des plans avec les mesures de protection des populations éventuelles (évacuation, confinement).

I – Réseaux divers

          Pour chaque réseau (eaux d’extinction, gaz spéciaux, effluents…etc.) un plan de configuration devra en préciser le tracé, les organes de coupure, les consignes particulières.

Forme

          Les plans doivent être d’un format facilement utilisable en intervention comme dans le véhicule (format A3 maximum), clairs et renseignés à l’aide des signes conventionnels.

          Ils doivent être conservés dans une « enveloppe » de protection (plastification ou chemise plastique …etc) et pouvoir être lisibles même sous un fort éclairage (reflets).

Validation et Mise à jour

          Le plan peut être validé par la mise en place d’un exercice qui permettra la vérification de l’adéquation des renseignements qui y sont portés.

          Un suivi permanent afin de le tenir à jour doit être réalisé afin d’y faire figurer les dernières modifications des installations, des scénarios…etc.

Interaction avec les autres documents prévisionnels

          Il est important lors de la réalisation des plans d’E.R d’intégrer les renseignements fournis dans les études de dangers, les P.O.I, P.S.S, P.P.I (moyens internes, description des installations, principaux scénarios d’accident…etc).

          En outre, un certain nombre d’éléments sont communs à ces différents plans. Il est donc primordial de créer des contacts permanents avec les responsables des entreprises et des différents services impliqués dans les plans d’urgence. La mise à jour du SDACR pourra être réalisée parallèlement à ces rencontres.

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