précédentsommairesuivant


3.2.3.2
Le principe de l’analyse du risque météorologique

Le schéma qui suit présente les différentes étapes de l’analyse météorologique du risque.

Il convient de faire le point sur le vocable utilisé, souvent mal interprété par les non initiés :

- indice de risque météorologique : indice calculé automatiquement à partir des paramètres météorologiques, sur ordinateur (phase 3). Il s’agit d’une simulation sur ordinateur ;

- risque ou risque final : produit final de l’interprétation de la situation et des indices de risque par un prévisionniste (phase 4). C’est le résultat d’une expertise humaine.

a)  L’analyse prévisionnelle du risque météorologique

L’analyse prévisionnelle du risque météorologique est réalisée deux fois par jour pendant la campagne estivale.

Une première prévision est réalisée en cours d’après-midi. Elle est diffusée pour 17 h légales à l’ensemble des acteurs feux de forêt. Elle porte sur l’après-midi du lendemain.

Une deuxième prévision est réalisée le matin, pour 10 h légales. Elle porte sur l’après-midi même. Si la situation est conforme à celle prévue la veille, le risque est inchangé.

Les échelons départementaux et interrégionaux de la Direction Sud-Est de Météo-France interviennent dans cette analyse prévisionnelle.

 

ACTIONS

RESPONSABLES

     
PHASE 1

Calcul des indices de sécheresse
Calcul sur l’ordinateur du Centre Interrégional d’Aix-en-Provence (CMIR) gestion par le service informatique du CMIR
PHASE 2
Elaboration de prévisions météorologiques par zones feux de forêt Centre départementaux de Météorologie
PHASE 3
Simulation numérique du risque Calculateur de l’antenne Météo-France du CIRCOSC de Valabre
PHASE 4
Expertise du risque Prévisionniste de l’antenne Météo-France du CIRCOSC de valabre
PHASE 5
Diffusion des risques par zone et de commentaires en clair (CIRCOSC, destinataires feux de forêt, télématique, SICOSC), Prévisionniste feux de forêt service transmission du CMIR

b)  L’analyse temps réel du risque météorologique

Elle est réalisée par le prévisionniste de l’antenne Météo-France du CIRCOSC de Valabre, tout au long de la journée. L’analyse de la situation du jour J, à l’heur H, est réalisée à environ H+30, de la façon suivante :

 
ACTIONS
COMMENTAIRES
PHASE 1
Reprise des indices de sécheresse  

PHASE 2

Récupération des observations météorologiques du jour J, heure H
Base de données régionale, disponible sur le calculateur de l’antenne Météo-France DU CIRCOSC de Valabre
PHASE 3
Simulation numérique du risque Calculateur de l’antenne Météo-France du CIRCOSC de Valabre
PHASE 4
Expertise du risque Prévisionniste de l’antenne Météo-France du CIRCOSC de valabre

Les données météorologiques et simulations numériques du risque sont diffusées sur serveur télématique.

c)  La qualité de l’analyse du risque météorologique

Elle est liée à celle de chacune des phases. Ainsi, si la prévision météorologique est mauvaise, le risque ne peut être bon. Quant aux indices de risque, leur adéquation avec la réalité influe aussi sur l’analyse du risque. Toutefois, la phase d’interprétation des indices peut permettre de pallier certains défauts des indices de risque.

Les éléments essentiels d’une analyse du risque météorologique de qualité sont les suivants :

- un réseau météorologique d’observations dense et fiable : il est le support indispensable à un suivi de l’état de sécheresse et à la réalisation de prévisions météorologique fines.

L’analyse étant réalisée à l’échelle de zones climatiques définies en 1.3, on doit disposer d’au moins une station météorologique « temps réel » sur chacune des zones. Chaque station devra mesurer le vent, la température, l’humidité de l’air, la nébulosité (fraction d’ensoleillement), les hauteurs de pluie. Pour un  bon suivi de la sécheresse, il est souhaitable de disposer d’au moins 3 postes par zone.

Si la densité du réseau est essentielle, la qualité de la mesure est tout aussi importante. On doit donc vérifier le sérieux des informations transmises par les postes météorologiques « humains », mais aussi la fiabilité des mesures faites par les stations automatiques. Une quantité de pluie erronée, par exemple, peut avoir un effet important sur l’analyse de la sécheresse et le risque qui en découle, parfois à plusieurs semaines d’échéance.

Enfin, la dernière qualité que l’on demande au réseau d’observations, c’est la régularité. Les informations doivent être transmises en temps réel. Toute information en retard ne peut plus être intégrée dans l’analyse du risque du jour, et n’a donc que peu d’intérêt.

- des prévision météorologiques fiables

C’est la base de l’analyse prévisionnelle du risque, diffusée à la Sécurité Civile et aux Services d’Incendies  et Secours pendant l’été. Les prévisions météorologiques ont vu leur qualité s’améliorer au fil des ans, par une meilleur prise en compte de l’analyse à une grande échelle, mais aussi par une meilleure appréhension des phénomènes d’échelle fine. Les nouveaux modèles de prévision numérique travaillent avec une échelle spatiale de 10 km, ce qui permet de mettre en évidence des phénomènes importants pour les feux de forêt, tels que renforcements locaux du vent, effets de foehn...

Malgré tous ces efforts, il arrive, dans quelques pour cents des cas, que la prévision des paramètres météorologiques s’avère fausse. Les indices de risque calculés ne simulent alors pas correctement la réalité, et le risque prévu est faux.

Météo-France continue de travailler pour améliorer les prévisions météorologiques.

- une analyse du risque de qualité :

deux thèmes essentiels dans l’amélioration de l’analyse du risque doivent être abordés ici :

- la recherche en vue de l’amélioration des indices de risque

- le retour d’expérience, qui permet d’améliorer l’interprétation des indices de risque.

Les actions de recherche et de développement réalisées par Météo-Fance par les Bureaux d’Etudes des Directions Interrégionales Sud-Est et Sud-Ouest, par les indices de risque, permettent, au fil de sans, d’améliorer les indices de risque.

Le retour d’expérience permet, quant à lui, d’améliorer l’interprétation des indices de risque pour aboutir à une meilleure estimation du niveau réel de risque. C’est surtout en zone méditerranéenne que ce retour d’expérience existe. Il est réalisé par le prévisionniste « feux de forêt » en place au CIRCOSC de Valabre. Il peut ainsi, tout au long de la saison, faire le lien entre la situation réelle au niveau des feux et les indices de risque calculés à partir des observations météorologiques en temps réel.

Le deuxième aspect du retour d’expérience concerne l’étude à posteriori des feux importants ou de certains feux particuliers. Elle permet parfois de détecter des siuations météorologiques « dangereuses » sur un secteur particulier ou des seuils de paramètres à partir desquels la vigilance est de mise.

précédentsommairesuivant