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1.7.3 LA CONNAISSANCE DU RISQUE
Nous l’avons vu au début de cet ouvrage que le risque est la confrontation d’un aléa avec des enjeux.
1.7.3.1 L’aléa
Les facteurs qui interviennent dans le déclenchement et la propagation des feux de forêt sont multiples : trois sont primordiaux :
- une source de chaleur (flamme, étincelle),- un apport d’oxygène (vent),- l’existence d’un combustible (végétation).
Le triangle du feu
a) La source de chaleur
Sur plus de 26 000 feux dans le sud-est, ayant donné lieu à enquête entre 1973 et 1985, 39 % ont une cause connue et parmi eux, 92 % sont d’origine humaine.
Parmi les causes connues :
· Imprudences = 56,5 %· Malveillance = 14 %· Causes accidentelles = 21 %· Autres = 8,5 %
En fait, les incendies sont liés aux transformations socio-économiques de certaines régions du sud de la France :
- exode rural et déclin des activités agropastorales avec abandon des zones boisées, progression des friches, écobuage mal contrôlé ; les écobuages agricoles et forestiers mal contrôlés (brûler sur pied la végétation) sont responsable de 40 % des incendies aux causes connues) ;
- développement du tourisme avec arrivée massive, l’été, de gens peu sensibilisés au risque de feux de forêt ;
- développement de l’urbanisation diffuse avec «mitage » de la forêt, multipliant les sources potentielles d’incendie ;
- prolifération des dépôts d’ordures (autorisés ou sauvage) dont le volume, en période estivale, nécessite, pour des raisons d’hygiène et d’économie, leur destruction par le feu (7 % des causes connues).
b) Les conditions météorologiques
* le vent
Il joue un rôle important dans la formation et le développement des feux, car son action est multiple :
- il active la combustion par apport d’oxygène ;- il dessèche le sol et les végétaux ;- il est imprévisible, car sa vitesse et sa direction varient en fonction du relief (effet de reverse dans le Var) ;- il masque les contours du foyer en rabattant la fumée...
* la sécheresse
Elle favorise les feux de forêt. Elle est due :
- à la faiblesse de la pluviométrie ;- à la faible capacité de rétention d’eau du sol et du sous-sol (calcaire, siliceux) ;- à la chaleur et au vent.
c) la végétation
* les différentes strates
Le risque de feu est davantage lié à l’état de peuplement de la forêt (disposition des différentes strates, état d’entretien de la forêt, densité, teneur en eau...), qu’à l’essence forestière.
- La litière : très inflammable, à l’origine d’un grand nombre de départs de feu qui se consument lentement et sont difficiles à détecter.
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La strate herbacée : d’une
grande inflammabilité, le vent peut propager le feu sur de grandes superficies.
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La strate des ligneux bas :
maquis, garrigue, d’inflammabilité moyenne, ils transmettent rapidement
le feu aux strates supérieures. |
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Litières humus, feuilles mortes, aiguilles de résineux, mousses, brindilles. 2 Strates herbacées : graminées, fougères, bruyères, 3 Strates des ligneux bas : broussailles, genêts, bas arbustes (2 m maxi.) 4 Strates des ligneux hauts : arbres adultes. |
Les différents strates
Les essences : certaines sont dites pyrophiles (pin sylvestre, arbousier, bruyère arborescente...), d’autres pyrorésistantes (chêne vert, pin d’Alep, châtaignier....).
Des études sont en cours pour tenter de reconstituer les forêts à l’aide d’essences pyrorésistantes.
· Le relief
Il joue un rôle primordial dans le comportement du feu :
- dans les montées, dans le sens du vent, le feu
accélère sa progression
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Les pentes montantes
dans les descentes,
il ralentit ; mais il peut se propager sur l’autre versant par des sautes
provoquées par le vent
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1.7.3.2 Les enjeux
Ils sont de trois ordres, humains, économiques et environnementaux.
- Atteintes aux personnes (résidents, promeneurs, intervenants) : victimes, personnes blessées, brûlées, asphyxiées, sans abri, déplacées...
- Atteintes aux biens : destructions, détériorations, dommages aux habitations, aux ouvrages, au bétail, paralysie des services publics avec endommagement ou destruction des réseaux (électricité, téléphone).
- Atteintes
à l’environnement : 20 000 à 80 000 ha de forêts détruits par an. Endommagement,
destruction de la faune, de la flore, stérilisation du sol par appauvrissement
de la couche arable, raréfaction du couvert végétal aggravant la sécheresse
et désertification.
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