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1.6 - ERUPTIONS VOLCANIQUES

1.6.1 CAUSES PRINCIPALES

Remontées magmatiques à partir des zones de faiblesse de l’écorce terrestre. Selon la nature du magma (masse minérale pâteuse à très haute température située sous l’écorce terrestre), et sa teneur en gaz, les manifestations de surface seront soit effusives, soit explosives :

- éruptions effusives : épanchements de laves fluides de type basaltique.

- éruptions explosives : émission de laves visqueuses (andésite, rhyolite, trachyte) en éruption de types péléen avec destruction partielle ou totale de l’édifice volcanique et émission de nuées ardentes.

Entre ces deux termes, tous les types intermédiaires d’éruption sont possibles.

1.6.2 AUTRES CAUSES

Lors de sa remontée, le magma, ou les gaz chauds émis par celui-ci, peuvent entrer en contact avec des nappes d’eau. L’échauffement des aquifères peut provoquer leur vaporisation : quand la pression devient supérieure à la résistance des terrains sus-jacents, il se produit une éruption dite phréatique, sans émission de magma, qui peut être extrêmement violente.

L’accumulation des fluides magmatiques peut également donner des émissions catastrophiques de gaz toxiques, CO2 par exemple. Zone à risques potentiels : le  Massif Central français.

1.6.3 EFFETS

- éruptions effusives

Epanchements basaltiques mettant plus en péril les infrastructures que la vie des populations, dans la mesure où l’édifice volcanique est surveillé. Dans ce cas précis, la prévision et la prévention sont possibles.

·      Nombreuses éruptions du Pilton de la Fournaise (île de la Réunion), de l’Etna (Italie), des volcans d’Hawaï (USA).

- éruptions explosives

·      coulées ou déferlantes cendro-ponceuses : mélange de cendres et de ponces résultant d’explosions violentes à composantes horizontales.

·      Nuées ardentes péléennes (1902).

·      Explosions pliniennes : projections au-dessus du volcan d’un mélange de cendres, ponces et blocs qui, après dépôt, constituent une couche épaisse et uniforme (Pompéï, Herculanum).

·      Nuées péléennes liées à la formation d’un dôme andésitique : nuées ardentes et/ou avalanches incandescentes de blocs.

1815 - Tambora (Indonésie) :                        92 000 morts

1883 - Krakatoa (Iles de la Sonde) :             36 000 morts

1902 - Montagne Pelée (Martinique) :          30 000 morts

1980 - Sainte Helens (USA) :                                30 morts

1982 - El Chichon (Mexique) :                         6 500 morts

- éruptions phréatiques : vaporisation de nappes d’eau

Elles peuvent être à l’origine de coulées boueuses dévastatrices (lahars) et de souffles cendro-caillouteux (blast).

1976 - La Soufrière (Guadeloupe) : évacuation de 75 000 personnes

1986 - Nevado del Ruiz (Colombie) : lahars aggravés par la fonte des glaciers,

22 000 morts à Armero.

- explosions gazeuses

Nappes de gaz (CO2) s’échappant dans les vallées et détruisant toute vie à plusieurs kilomètres du point d’émission.

1979 - plateau de Dieng (Indonésie) :                50 morts

1984 - lac Monoum (Caméroun) :                       50 morts

1986 - lac Nyos (Caméroun) :                        1 800 morts

1.6.4 PREVISION

La prévision est encore illusoire, sauf dans des cas très particuliers d’éruption effusive. Ainsi, à la Réunion où le magma basaltique très fluide peut être suivi pendant son ascension vers la surface par un réseau de sismographes, les éruptions peuvent  être prévues à quelques jours près ; par contre, on ne sait encore corréler l’intensité du signal à la magnitude de l’éruption ;

1.6.5 PREVENTION

Les moyens de prévention les plus efficaces consistent à implanter sur les zones sensibles des observatoires pouvant mettre en oeuvre des techniques pluridisciplinaires d’évaluation des risques.

En France, les trois volcans actifs d’Outre Mer (Montagne Pelée, Soufrière, Piton de la Fournaise) possèdent chacun un observatoire avec des réseaux de mesures en sismologie, déformation du sol (inclinométrie, stadimétrie, extensométrie), magnétisme,  température, géochimie des gaz et des eaux.

Des cartes de zonage des risques ont été établies et un plan ORSEC - éruption est en place dans chacun des départements concernés.

En métropole, la ville de Clermont-Ferrand, située au pied de la Chaîne des Puys, est un centre d’études universitaires et de recherche volcanologique très actif.

Un comité supérieur d’évaluation des risques volcaniques (CSERV) a été créé : en cas de crise, il se réunit immédiatement et apporte un avis d’expert aux autorités responsables.

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