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La nature, tout spécialement dans notre pays, est plutôt favorable à l’homme
et à ses entreprises. Toutefois, elle engendre régulièrement des phénomènes
destructeurs mettant en jeu des puissances que l’homme ne peut contrôler.
Les buts de la sécurité civile qui a pour objet la protection des personnes,
des biens et de l’environnement sont de mener à bien des opérations de prévention
et si celle-ci est insuffisante, des opérations de secours.
Les plus fréquents de ces phénomènes proviennent des variations de l’atmosphère. L’intensité anormale de certains phénomènes peut être catastrophique. Citons la violence du vent, tempête de Bretagne en 1987 et 15 janvier 1990, les pluies exceptionnelles par leur abondance ou leur durée, le Grand Bornand en 1987 et Nîmes en 1988, la sécheresse 1989 ou les considérables chutes de neige dans le Midi en janvier 1986, les marées de tempête, Fortuna (Polynésie) en 1986.
Le plus destructeur est certainement le tremblement de terre provoqué par l’affrontement des plaques tectoniques : apparition de failles et ébranlements du sol détruisant l’infrastructure d’une région.
Plus localisé est le mouvement de terrain qui va de la chute de pierres à l’écroulement d’une masse de plusieurs millions de m3 en passant par des déplacements plus ou moins lents de matériaux. Les plus importants peuvent barrer le cours d’eau de la vallée, provoquer la création d’un lac qui submerge le barrage et le ruine très rapidement. Le flot dévaste l’aval comme à Grenoble en 1219.
Par ailleurs, nombreux sont les affaissements et effondrements du sol dont l’origine est à rechercher dans l’existence de cavités naturelles ou entropiques, comme à Clamart en 1967.
En montagne, le risque le plus connu est l’avalanche qui peut atteindre des vitesses de 300 km/h et tout détruire sur son passage, voire remonter sur le versant opposé. La plus célèbre en France est celle de Val d’Isère en 1970 qui fit 35 morts.
Le risque volcanique concerne surtout les départements d’outre-mer, la Montagne Pelée en 1902, 30 000 morts en Martinique par nuée ardente, Nevado del Ruiz en Colombie en 1986 par fonte de glaciers, 22 000 morts.
Les inondations provoquées par des pluies abondantes et durables sont la cause de dommages importants en raison de l’extension et de la durée de la submersion. Plus brutales, les crues torrentielles issues du ruissellement convergent sur des pentes peu absorbantes, le Grand Bornand, ou imperméabilisées, Nîmes, ravagent les lieux de leur passage.
Enfin, les feux de forêt dévastent plusieurs dizaines de milliers d’hectares par an ; feux de forêt, de broussailles, de garrigues font la une des médias l’été, mais surviennent également en d’autres saisons. A terme, ils provoquent l’érosion rapide des pentes et accumulent des menaces potentielles que les autres phénomènes naturels vont déclencher.
A ces phénomènes physiques et naturels dotés d’un caractère aléatoire, est associé la notion d’aléa qui regroupe toutes ses variables explicatives et descriptives et qui ne dépend donc que des conditions climatiques, topographiques et hydrauliques liées au site.
1.1 - inondation
1.1.1 Introduction
Dans le monde, le risque "inondation " représente plus de 50% des catastrophes naturelles : en moyenne 20.000 morts/an.
La mousson qui revient chaque année en Asie est
la cause des inondations les plus catastrophiques au niveau mondial. En altitude
la vapeur d’eau se condense et crée les pluies de la mousson : un mur
noir de nuages, avançant à
50 km/h, apportant des trombes d’eau allant jusqu’à 1m/24 heures.
En France, pour 160 000 km de cours d’eau, 22 000 km² sont reconnus particulièrement inondables répartis sur 7 600 communes, 2 000 000 de riverains sont concernés.
Les crues sont des phénomènes naturels susceptibles de se produire partout où existe un réseau hydrographique.
Elles contribuent en grande partie à façonner les lits des cours d’eau qui les font transiter. Ainsi le lit mineur est en général structuré pour évacuer les crues les plus fréquentes, les lits majeurs servant de trop plein et lits secondaires pour les crues les plus importantes.
Les crues sont donc des éléments structurants de la morphologie fluviale. Elles participent à son équilibre.
Elles engendrent de ce fait des inondations plus ou moins étendues selon l’importance des débits à évacuer et la capacité de la zone d’épandage.
Associée à sa zone inondable, la crue est alors caractérisée par tout un ensemble de variables qui tentent de la décrire tout au cours de sa genèse et en différents points de la rivière : intensité et répartition spatiale de la pluie, nature du sol, couverture végétale, débit, vitesse d’écoulement, vitesse de montée des eaux, hauteur, durée de submersion, volume...
Les zones inondables qui, pour un phénomène du type centennal, ne présentent en France qu’environ 3% de la superficie du territoire, sont cependant de plus en plus convoitées par des aménageurs divers pour implanter de nouvelles infrastructures ou développer des activités nouvelles.
L’occupation progressive de ces zones par l’homme
engendre des besoins de protection. Une notion de vulnérabilité est alors associée à ces zones qui ne dépendent que
de l’occupation du sol.
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