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1.2.2. Les voies de pénétration dans l’organisme, les principes généraux de
prévention et la conduite à tenir
A. les voies de pénétration dans l’organisme
a. La voie respiratoire (pulmonaire) :
La respiration est une fonction vitale.
L’inhalation de : gaz, vapeurs, aérosols, fumées, poussières peut entraîner des effets toxiques
Les gaz et vapeurs pénètrent facilement au niveau des alvéoles pulmonaires pour passer dans le sang qui les véhicule jusqu’aux organes.
Les poumons représentent une grande surface d’échange (90 m2, 400 millions d’alvéoles à paroi mince, intense circuit d’échange avec le réseau sanguin)
Les poussières se déposent, selon la taille des particules, au niveau des fosses nasales, bronches , bronchioles, et alvéoles.
(Rôle de filtre des voies aériennes supérieures -poils, cils, mucus, macrophages)
b. La voie cutanée :
La peau d’un adulte = 1,8 m2
Elle est perméable à de nombreux produits liquides, gazeux et solides.
La pénétration à travers la peau varie selon :
la zone concernée (épaisseur, pilosité)
l’âge
la chaleur (sueur)
le temps de contact
c. La voie oculaire :
projection dans l’oeil
muqueuse très sensible
d. La voie digestive :
Voies d’absorption pour l’alimentation ou intoxication accidentelle par confusion, ou manque d’hygiène, ou intoxication volontaire.
Voie
de déglutition d’un toxique inhalé
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e.1 La distribution
Le transport :
Le toxique est véhiculé par le sang et diffusé dans les tissus en fonction du taux d’irrigation sanguine,
Sous forme dissoute (petite molécule hydrosolubles)
Ou fixé sur les éléments figurés du sang (albumine, hémoglobine)
La fixation tissulaire :
Les toxiques vont se localiser préférentiellement dans certains tissus ou organes cibles
Trois localisations :
. Tissu de stockage : les organochlorés er organophosphorés se fixent dans les graisses du tissu adipeux (stockage inactif) ils peuvent être libérés lors d’un amaigrissement et provoquer une intoxication retardée.
. récepteur au niveau de l’organe cible
® action toxique
. Tissu de métabolisation : le foie est l’organe au niveau duquel s’effectue la majorité des bio transformations
e.2 La transformation :
Les toxiques sont transformés par des réactions métaboliques en composés plus facilement éliminables et moins toxiques mais certains métabolites intermédiaires peuvent être plus toxiques.
Ces bio transformations ont lieu dans divers tissus (foie, reins, muscle, intestin, poumons)
e.3 L’élimination :
Les substances étrangères ou leurs produits de transformation sont éliminés par
. l’urine
. la bile
. l’air expiré
. les phanères
. la salive
. les selles
. le lait
f . Modes d’action des toxiques :
f.1 Action locale
à l’endroit de contact : peau, yeux, tractus digestif, voies respiratoires
. odeur
pomme (acétaldéhyde)
amande amère (ac. cyanhydrique, nitrobenzène)
ail (acétylène)
oeufs pourris (hydrogène sulfureux)
. goût
sucré (oxyde d’éthylène)
. chaleur (alcool)
. couleur de la peau ou des muqueuses
peau jaune fluorescente
Action caustique, corrosive, irritante :
Les produits de PH extrêmes provoquent une destruction cellulaire pouvant aller jusqu’à la nécrose.
Cette action est liée au
. PH (acidité ou basicité)
. pouvoir oxydant ou réducteur
. pouvoir déshydratant (=> irritation)
Action inflammatoire :
Réaction de défense de l’organisme au point de contact avec le toxique caractérisé par 4 signes locaux :
Rougeur
Chaleur
Douleur
Oedème ( gonflement par accumulation de liquides cellulaires et plasmatiques)
g. Action générale :
Au niveau des sites éloignés de l’endroit de contact initial. L’action sur un organe particulier est favorisé par :
. le degré de perfusion entraînant une concentration importante de la substance dans certains organes
. la composition chimique de l’organe
. sa situation particulière sur la voie du transport toxique
. les caractéristiques biochimiques de l’organe atteint
Quelques exemples :
Les solvants (trichloréthylène, acétone, alcool, essence...) sont facilement inhalés et transportés au niveau du système nerveux central. Ils provoquent une dépression de l’activité du système nerveux (fatigue, troubles de l’équilibre, céphalées, baisse de la vigilance, somnolence, anesthésie)
Le monoxyde de carbone CO, se fixe sur une protéine de transport circulante, l’hémoglobine à la place de l’oxygène et entraîne une anoxie (manque d’oxygène au niveau cellulaire)
Certains toxiques se fixent électivement sur une enzyme en provoquant :
. une inhibition : Les organophosphorés bloquent l’acétylcholinestérase et entraînent des troubles neurologiques. Les cyanures se fixent sur la cytochrome oxydase et bloquent la chaîne respiratoire.
. une induction ou stimulation : le benzopyrène de la fumée de cigarette stimule les enzymes hépatiques, et donc les transformations métaboliques des autres toxiques au niveau hépatique.
B . Principes généraux de prévention :
a. Les moyens individuels de protection :
a.1 Protection de la peau et des muqueuses :
. les gants : le modèle et le matériau doivent être choisis en fonction du toxique manipulé.
Gants en néoprène ou en PVC, à manchettes pour acides, bases, phénols...
Gants en polyvinyle alcool pour les solvants organiques
Gants en nylon ou en polyéthylène pour les substances solides à forte pénétration (pesticides, médicaments)
Certains gants peuvent entraîner des réactions allergiques
. Les crèmes barrières : à base de polymères cellulosiques réalisent un film plastique et anti-adhérent à la surface de la peau. Elles évitent l’incrustation des salissures (cambouis) et permettent de prévenir les dermites au niveau du visage provoquées par les vapeurs de formaldéhyde, de résines époxydiques ou acryliques...
L’application doit être répétée sur peau saine et séchée
. Vêtements de travail adaptés
. les lunettes de sécurité : le port s’impose lors de manipulation de substance caustiques ou irritantes pour éviter les graves conséquences d’une projection oculaire.
a.2 Protection des voies respiratoires :
. Appareils filtrants :
Masques anti particulaires
Identifiés par une bande blanche
Efficace contre les poussières, aérosols et brouillards lorsque les particules ont un diamètre > 5 mm ( masques P2 et P3)
Masques à cartouche filtrante
Ils possèdent un filtre à charbon actif spécifique, plus ou moins volumineux, sous forme de galette, cartouche ou bidon.
Identifiés par un code et une bande de couleur.
Code Couleur Toxiques
A brune gaz et vapeurs organiques
B grise gaz et vapeurs inorganiques :
Ac. Cyanhydrique, chlore, hydrogène sulfuré
E jaune dioxyde de soufre et vapeurs acides
K verte ammoniac et composés aminés
CO monoxyde de carbone
Hg P3 rouge et blanc vapeurs mercurielles
NO P3 bleu et blanc vapeurs nitreuses
Appareils isolants : ARI
Assurent une protection totale quelque soit la nature de l’atmosphère toxique.
b. Evaluation et surveillance de l’exposition :
b.1 La métrologie : est l’ensemble des méthodes d’identification et ou de dosage du toxique dans l’atmosphère de travail, en vue d’une comparaison avec des valeurs de référence (VLE,VME)
Les dosages atmosphériques nécessitent une méthodologie complexe et rigoureuse de prélèvement et de dosage.
Analyseurs portables à mesure directe
Tubes colorimétriques Draeger
Détecteurs de gaz
b.2 La bio métrologie : correspond aux méthodes de recherche et ou de dosage du toxique (molécule mère ou métabolites) dans les milieux biologiques, pour évaluer la dose interne. Souvent, on mesure les effets biochimiques réversibles, spécifiques et corrélés avec la dose interne (activité cholinestérasique pour les organophosphorés)
b.3 La surveillance biologique des sujets exposés : vise à détecter un impact précoce du toxique sur ses organes cibles.
c. Protection collective :
Réglementation concernant la fabrication, la distribution, la manipulation et le stockage et l’élimination des matières dangereuses
Etiquetage des produits
Réglementation des TMD (signalisation, étiquetage, documents de bord)
Fiches de données de sécurité des produits
Remplacement des produits dangereux par des substances moins nocives (Toxico Vigilance)
Plans d’organisation des secours (POI,PPI,SDACRP)
C. Conduite à tenir en cas d’intoxication collective :
Il est très important de :
. se protéger systématiquement avant de pénétrer dans l’ambiance toxique (scaphandre, ARI)
noter :
. le nombre de victimes
. leur répartition dans l’espace pour connaître la capacité de diffusion du toxique
. la gravité des signes cliniques
. soustraire les victimes de l’ambiance toxique
. donner les premiers soins :
. bilan des fonctions vitales
. gestes élémentaires de survie
. laver à grande eau (décontamination cutanée et oculaire 15 mn avec eau à 15 degrés à 15 cm)
.
Prévenir les secours médicaux de la nature et des risques du produit.
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