précédentsommairesuivant


4.1.6. INTERVENTION

4.1.6.A CADRE GENERAL

La phase d'INTERVENTION débute par l'exploitation des informations collectées lors de la phase d'EVALUATION.

Lorsque le responsable de l'intervention et  son équipe auront analysé la situation et son évolution probable, qu'ils auront évalué les risques et les capacités d'intervention, ils devront alors définir des objectifs et décider des stratégies et tactiques d'intervention qu'elles soient préventives ou correctives. La figure suivante fournit une représentation simple de ce que peut être une "approche systématique " à l intervention d urgence.

                                                           PARAMETRE DE L'INCIDENT

                                                           DONNEES REDIDENTES

            La situation se                      DONNEEES CIRCONSTANCIELLES

            stabilise-t-elle

            se détériore-t-elle                 EVALUATION DE LA SITUATION

            ou change-t-elle

            de toute autre                       DEFINITION DES OBJECTIFS

            façon ?

                                                           ANALYSE DE LA DECISION

Mesures de SECURITE      Mesures de LUTTE  Mesures de SAUVEGARDE

Une approche systématique à l'intervention d'urgence

Cette méthode est applicable que selon l'ampleur du problème.

Le responsable de l'intervention devra veiller à l'animation permanente du processus

EVALUATION - DECISION - INTERVENTION

compte tenu du caractère généralement évolutif de la situation.

La prise de décision peut être facilitée par le recours à des systèmes informatisés de traitement d'information :

modèles prévisionnels pour le comportement du produit dans l'environnement, sa propagation et son évolution.

Systèmes d'aide  la décision : en EUROPE le système "seabel " mis au point pour la mer sera à l'avenir adapté aux eaux intérieures " AQUABEL " permettra en quelques instants à partir de données de base (nature et quantité de produit, conditions locales...) de proposer des solutions opérationnelles.

En cas de déversement accidentel de produit chimique en mer, le système d'aide à la décision SEABEL fournit des informations sur la nature des dangers, leur durée et leur étendue, ainsi que des renseignements sur les méthodes de lutte à mettre en oeuvre. Il permet, pour des scénarios d'accidents bien définis (paramètres propres à l'accident et facteurs météo-océaniques) de :

·      modéliser le déplacement des nappes et la dispersion des vapeurs (ou des gaz) dans l'air, en superposant les contours de la pollution sur le trait de côté

·      de visualiser les zones sensibles (aquacultures, pêche) et les structures marines

·      de recenser les adresse les plus pertinentes

·      de sélectionner les méthodes d'intervention adaptées

A ce stade, il peut arriver que, compte tenu de l'absence de risque ou du manque de moyens ou pour tout autre motif, l'intervention ne soit pas jugée nécessaire.

La décision de ne pas entreprendre d'action de lutte peut donc être parfaitement justifiée, sous la réserve, cependant, qu'une surveillance rigoureuse soit organisée et que des explications argumentées soient données à l'opinion et à la presse.

Les objectifs principaux étant, la protection des vies humaines,

des biens et de l'environnement, trois types de mesures peuvent

être envisagées :      -(SECURITE

                                    -(SAUVEGARDE

                                    -(LUTTE

SECURITE PUBLIQUE - SECURITE DES INTERVENANTS

Des mesures de sécurité ou de prudence           -( TOXIQUE

devront être appliquées dès l'instant où                -( INFLAMMABLE

le polluant sera reconnu comme :                          -(CORROSIF

Cependant les dangers immédiats les plus redoutables pouvant affecter les populations ou les intervenants proviennent des composants atmosphériques de l'incident (produits d'évaporation, de combustion, d'explosion ou de réaction).

Bien que sortant du cadre de la lutte contre les pollutions accidentelles des eaux, il est bon de rappeler successivement les mesures susceptibles d'être prises si ce genre de situation l'exigeait car leur importance peut conditionner la mise en oeuvre des méthodes de lutte décrites dans les chapitres suivants.

PROTECTION DE                                       PROTECTION DES

LA POPULATION                                        INTERVENANTS

DELIMITER LA ZONE DANGEREUSE    DELIMITER LA ZONE DE SECURITE

INTERDIRE L'ACCES ( BARRAGES)      LIMITER L'ACCES

ENLEVER LES VEHICULES                    UTILISER DES VETEMENTS

                                                                       DE PROTECTION ET DES

                                                                       APPAREILS DE DETECTION

EVACUER OU CONFINER

LES HABITATIONS                                    

UTILISER UNIQUEMENT DES MATERIELS ANTIDEFLAGRANTS

DECONTAMINER EVENTUELLEMENT

Protection des populations, protection des intervenants

MESURES DE SAUVEGARDE

Quelque soit la rapidité d'intervention et compte tenu des limites actuelles des technologies et du savoir-faire en matière de lutte contre la pollution, il est, hélas, fort probable que dans de nombreux cas le milieu aquatique soit pollué dans des proportions non supportables pour l'écosystème ou les utilisateurs.

Les mesures de sauvegarde ou mesures " défensives " devront alors être envisagées et si possible mises en oeuvre pour se protéger des effets de la pollution, parmi celles-ci nous pourrons citer :

INTERDIRE

L'USAGE POUR LES HOMMES ET LES ANIMAUX DOMESTIQUES

MESURES A PRENDRE                           PAR QUI ?

DECIDER  L'INTERDICTION                     LE PREFET

                                                                       SOUS-PREFET

                                                                       LE MAIRE

ARRETE LE POMPAGE                            SERVICES MUNICIPAUX

                                                                       -( OU SOCIETE DE DISTRIBUTION

ARRETER LA DISTRIBUTION                  

PREVENIR LES USAGERS

ET RIVERAINS                                            -(         LE MAIRE

                                                                                  LE PREFET

PRELEVER LES ECHANTILLONS

d'eau et poissons morts                              -(AGENTS ASSERMENTES

ANALYSER                                                  et LABORATOIRES

DISTRIBUER DE L'EAU POTABLE         -( SERVICES MUNICIPAUX

                                                                       OU SOCIETES DE DISTRIBUTION

Jusqu'à  décision de levée de l'interdiction

LEVEE DE L 'INTERDICTION                    -(DDASS

Mesure de sauvegarde

Les mesures de sauvegarde peuvent également prendre les formes suivantes :

des opérations de "sauvetage " de l'écosystème :

* organisation du déplacement  des ressources vivantes (aquaculture)

. oxygénation du milieu

. pêches électriques préalables

. organisation de la fuite de la macrofaune dans les espaces sains, etc. ;

* ou d'autres mesures opportunes visant à limiter l'impact :

. abaisser ou élever un plan d'eau pour concentrer les salissures dans une zone moins sensible,

. détourner l'écoulement sur des zones moins sensibles

. accroître la vitesse d'écoulement

. retenir la pollution en un endroit donné pour la re larguer, diluée à des doses tolérables

Elles peuvent être impératives et prioritaires dans leur mise en oeuvre.

4.1.6. B PARTICULARITES DE LA LUTTE EN EAUX SUPERFICIELLES

Les eaux de surface sont :

accessibles

Leur propagation est :

prévisible

occasionnellement contrôlable

L'accessibilité favorise la mise en place des moyens de lutte, qu'ils soient spécialisés ou non.

Le caractère prévisible permet d'anticiper sur la propagation du polluant dans les eaux.

Le contrôle que l'on peut exercer sur les écoulements (barrages, biefs, écluses...) peut être mis à profit en tant que méthode de lutte occasionnelle.

L'efficacité de la lutte en eaux superficielles peut encore être améliorée en recourant le plus possible à des dispositions préventives :

mise en place de stations de surveillance automatique

reconnaissance préalable  des sites propices à l'installation de chantier de lutte

aménagement préventif de ces sites favorables (ancrages, corps morts, accès, ...)

mise en place de dispositifs fixes de lutte ou de protection en des points particuliers.

Les eaux de surface et les eaux souterraines ne constituent pas deux milieux totalement indépendants. Dans certains secteurs, vallées alluviales notamment, les échanges sont permanents : il faut en tenir compte.

4.1.6. C PARTICULARITES DE LA LUTTE EN EAUX SOUTERRAINES

Les eaux souterraines sont difficilement accessibles, leurs limites naturelles sont difficiles à déterminer et les conditions de leur propagation nécessitent des études spécifiques.

Compte tenu de la difficulté de lutter contre une pollution ayant atteint les eaux souterraines, tout doit être fait pour éviter que les nappes soient atteintes.

L'urgence à ce stade de l'intervention est donc au moins similaire à celle que nécessite la protection des eaux superficielles.

L'importance des moyens à mettre en oeuvre pour éviter la contamination de l'eau souterraine est justifiée par la complexité, le coût et la longueur des opérations de dépollution des nappes.

4.1.6.D MESURES DE CONFINEMENT A TERRE

Le déversement accidentel direct dans la masse d'eau est une exception, compte tenu de la localisation essentiellement terrestre des activités humaines. De plus, les interventions à terre sont incomparablement plus efficaces que les interventions sur l'eau ou dans l'eau. Tout doit donc être tenté, dans le respect des règles de sécurité imposées par ailleurs, pour utiliser au mieux la période de temps et l'espace séparant le lieu de l'accident de la masse d'eau.

Les mesures de confinement à terre ont donc pour objectifs :

de stopper ou diminuer la source de pollution

d'empêcher ou de restreindre la propagation du polluant dans le milieu aqueux

et seront entreprises en gardant à l'esprit le principe suivant :

                                   -(         A TERRE      

TRAVAILLER           -(         AU PLUS TOT

                                   -(         AU PLUS PRES DE LA SOURCE

4.1.6.E DECONTAMINATION, NETTOYAGE, RESTAURATION

            Pour éviter que des reliquats diffus de produit flottant ne présentent, ultérieurement, des dangers pour l'homme ou l'environnement, les opérations de décontamination et de nettoyage seront entreprises dès que possible.

            Ces opérations peuvent recouvrir divers types d'interventions selon la nature du polluant et celle des lieux affectés : berges, fonds de lit, ouvrages, marais ...

            Il n'existe pas de matériel spécifique pour ce type d'opérations.

            Une contrainte est à prendre en compte dès la conception du chantier : limiter au strict minimum le retour de polluant dans le milieu.

ENLEVEMENT DES TERRES POLLUEES

Les sols contaminés constituent souvent un réservoir de polluant qu'il faut étudier avec soin, par sondages, par carottages et analyses, pour en apprécier l'importance.

Les risques de re largage ou de percolation seront évalués, de même que les quantités de matériaux à enlever (les problèmes de stabilité des berges devront être pris en compte) et les sujétions de traitement et d'élimination finale des déchets.

ENLEVEMENT DE LA VEGETATION POLLUEE ET SUIVI ULTERIEUR

Imprégnée directement ou non, la végétation locale peut subir des dommages qu'il n'est pas toujours facile d'apprécier sur le champ.

Il faudra mettre en place un dispositif de surveillance de la végétation que l'on suppose avoir été affectée par l'effet de la pollution (contact direct ou contamination du sol) et le sol devra être analysé avant d'envisager toute replantation.

L'enlèvement systématique de la végétation peut fragiliser les berges, il est indispensable de conserver les souches.

LAVAGE

Dans le cas de pollution par produit flottant, on peut être amené, comme pour les hydrocarbures, à envisager des opérations de lavage.

Plusieurs techniques existent à basse ou haute pression, grand ou faible débit, à eau chaude, froide ou à la vapeur, avec ou sans produits de lavage.

PROCEDES BIOLOGIQUES

Les opérations de restauration et de décontamination sont longues et interviennent généralement une fois passée la période critique de la pollution accidentelle.

Le temps n'est plus alors un paramètre aussi déterminant, cela peut conduire à rendre opérationnels des procédés de traitement biologiques pour l'élimination finale des produits in situ, d'autant plus que les quantités et les concentrations sont moindres.

TRAITEMENT DES EAUX SOUTERRAINES CONTAMINEES

Lors d'une pollution des eaux souterraines, des pompages de fixation peuvent être entrepris comme mesure de lutte. Dans ce cas, les eaux contaminées collectées devront faire l'objet d'un traitement.

4.1.6.F TRANSFERT, STOCKAGE , ELIMINATION DES DECHETS

Conception globale des chantiers 

            Les problèmes de transfert, de stockage et d'élimination des déchets se posent dès qu'une opération de récupération est envisagée.

            La décision de récupérer ne peut, en effet, être prise sans connaître la destination, au moins provisoire, des produits de récupération.

            Les difficultés et le coût des opérations de récupération et de traitement s'accroissent avec la dispersion du polluant dans le milieu aquatique pollué et le volume d'eau recueilli. Il convient donc de s'attacher à limiter la " création " de déchets, et à réduire leur volume.

            La réflexion sur le devenir des déchets récupérés doit être globale et intégrer toute la chaîne logistique depuis la récupération jusqu'à l'élimination en passant par le transfert, le stockage et les traitements éventuels.

Nature des déchets

Les déchets résultant des pollutions accidentelles des eaux comprennent :

·      du polluant en concentration variable (souvent faible)

·      de l'eau en proportion généralement forte

·      des produits neutres et des macrodéchets souillés (boues, vases, galets, sable, terre, faune ou flore, matériaux divers)

·      des agents de traitement (absorbants, gélifiants, etc.) plus ou moins saturés en produits polluants.

TRANSFERT

            Tant en matière de prescription d'emploi que d'étiquetage, il n'existe pas de cadre réglementaire précisément adapté au transport des déchets collectés à l'issue d'une pollution accidentelle.

            Les impératifs de transvasement (article 6 de circulaire du 30 août 1985 relative aux installations classées pour la protection de l'environnement ) semblent apporter une réponse de bon sens à cette question.

            Avant de charger ou de faire procéder au chargement de tout véhicule ; il est recommandé au responsable du chantier de lutte de s'assurer que :

·      l'organisation du chantier est telle que les opérations de chargement et de transport ne contribuent pas à la dissémination du polluant

·      l'étanchéité des bennes ou citernes est satisfaisante

·      le matériau constitutif de la cuve ou benne est compatible avec le déchet devant y être transporté

·      le véhicule est apte au transport du déchet et notamment que son circuit électrique est prévu à cet effet

·      le véhicule est propre et que les traces du précédent chargement ont été nettoyées ou qu'elles ne présentent pas d'incompatibilité

·      le mode de chargement est mécaniquement compatible avec ces résidus.

Ceci peut s'appliquer aux produits en vrac ou en colis.

En ce qui concerne l'étiquetage et à moins que la nature exacte du déchet ne soit connue et ne corresponde qu'à un seul polluant, il est recommandé d'indiquer le type et le niveau du risque principal mesuré en suivant la prescription générale du Règlement des Transports de Matières Dangereuses (RTMD).

STOCKAGE

Dans la mesure du possible, la " chaîne de récupération " sera conçue de la façon le plus simple  possible, l'idéal étant que le moyen de récupération permette d'évacuer directement les déchets vers une entreprise de traitement ou de stockage définitif (exemple : utilisation de camions d'assainissement pour le pompage et le transport des hydrocarbures flottants).

Cependant dans certains cas (nature du polluant inconnue, très grande quantité de déchets ...) il peut s'avérer nécessaire de recourir à plusieurs niveaux de stockage.

Stockage intermédiaire

Le stockage intermédiaire se situe généralement à proximité du chantier de récupération du polluant. Il permet la transition logistique entre le chantier et un site capable d'accueillir les déchets pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans l'attente d'un traitement définitif.

La nature des déchets, leur consistance (solide, liquide), leur volume, les caractéristiques  du site (topographie, géologie, météorologie, ...) influeront sur le choix du type de stockage (fosse étanche, citerne souple ou rigide, ouverte ou fermée). Ce choix doit garantir la sécurité des intervenants et la protection du milieu.

Si le stockage intermédiaire a une importance significative dans l'espace et le temps, il faudra le considérer comme " provisoire " (voir ci-dessous) et mettre en place les dispositions correspondantes.

Stockage définitif

Il a pour objet de permettre la réflexion nécessaire à la recherche du traitement final des déchets, lorsque celui-ci pose problème.

précédentsommairesuivant